Enquête IFOP pour Ecolhuma : 40 ans après la promesse des « 80 % au bac », que peut encore promettre l’École aux jeunes ?

À l’occasion de la publication d’une enquête exclusive réalisée avec l’Ifop, Ecolhuma interroge le rapport des français et des enseignants à la promesse de l’école.

Pendant quarante ans, l’école française a été structurée par une grande ambition : amener 80 % d’une classe d’âge au baccalauréat. Cette promesse a profondément transformé la société française. Elle a démocratisé l’accès aux études, ouvert des parcours, changé le rapport des Français à leur orientation et à leur avenir.

Mais cette promesse arrive aujourd’hui au bout d’un cycle.

L’enquête montre un rapport ambivalent des Français à cet héritage : la démocratisation scolaire est reconnue, mais le modèle semble épuisé. Le bac s’est dévalorisé, la compétition s’est déplacée vers l’enseignement supérieur, et le diplôme ne garantit plus aussi clairement l’ascension sociale qui lui était associée.

Dans un contexte marqué par les résultats PISA 2025 et par une crise de confiance profonde envers l’école, une question s’impose désormais : quelle promesse l’école peut-elle encore tenir au XXIe siècle ?

Trois visions de l’école, mais une promesse commune encore à construire

L’enquête met en évidence trois grandes attentes chez les Français :

  • la maîtrise des savoirs fondamentaux ;
  • la justice scolaire et l’égalité des chances ;
  • la liberté de choisir sa voie et de la voir reconnue.

Ces trois visions coexistent, sans qu’aucune ne puisse, à elle seule, constituer une nouvelle promesse commune.

Mais un point de convergence apparaît : la maîtrise des savoirs fondamentaux. Pris en premier ou deuxième choix, ils rassemblent environ 60 % des Français et 51 % des enseignants.

Pour Ecolhuma, c’est peut-être là que se dessine la promesse suivante : de “80 % d’une classe d’âge au bac” à “100 % des jeunes maîtrisent réellement un socle fondamental à la fin de la scolarité obligatoire”.

Mais encore faut-il redéfinir ce que sont les fondamentaux aujourd’hui.

Lire, écrire, compter restent indispensables. Mais à l’heure de l’intelligence artificielle, les fondamentaux du XXIe siècle doivent aussi intégrer le raisonnement, le discernement, l’esprit critique, la compréhension du monde et la capacité à utiliser intelligemment les outils numériques.

Des enseignants profondément pessimistes sur la capacité de l’école à tenir sa promesse

Autre enseignement majeur : les enseignants partagent largement les grandes attentes exprimées par les Français, mais se montrent beaucoup plus pessimistes quant à leur réalisation.

7 enseignants sur 10 pensent que la promesse qu’ils privilégient ne pourra pas être tenue.

L’enquête révèle aussi un fort sentiment de déclassement chez les enseignants : près de deux enseignants sur trois estiment occuper une position inférieure à celle correspondant à leur investissement scolaire, contre 29 % des actifs.

Après PISA, dépasser le diagnostic

Alors que près de 9 français sur 10 souhaitent faire de l’éducation un chantier prioritaire et que les trois quarts estiment qu’elle n’occupe pas une place suffisante dans le débat public, Ecolhuma appelle à dépasser le seul constat du décrochage scolaire.

Pour Florence Rizzo, fondatrice et co-directrice d’Ecolhuma :

« Il faut garantir à 100 % des jeunes la maîtrise réelle d’un socle fondamental à la fin de la scolarité obligatoire. Une promesse exigeante, universelle, et qui suppose une condition absolue : mieux reconnaître et accompagner les enseignants. »

Florence Rizzo

Co-fondatrice

Elle grandit en zone rurale dans l’est de la France et poursuit sa scolarité dans des écoles publiques. Ses parents n’ont pas le “bac” mais ils croient fermement en l’éducation. Son père, fils de mineur lui transmet une conscience sociale et sa mère infirmière, une culture du soin. Curieuse et avide d’apprendre, elle a la chance de partir en Hypokhâgne au lycée Lakanal de Sceaux puis d’intégrer quelques “grandes écoles” : ScPo, Essec, Insead. A chaque fois, le même sentiment d’assister à une forte reproduction des inégalités, ce qui renforce son engagement et son envie de contribuer à la réduction de ces inégalités. Ecolhuma naît en 2012 de cette envie profonde de mettre ses compétences au service d’une éducation de qualité accessible à tous et de la conviction que cela ne pourra se faire sans un accompagnement humain de celles et ceux qui font l’école au quotidien. Elle croise la route de nombreuses personnes qui font d’Ecolhuma une aventure collective.

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