BAROMÈTRE 2026 – IA À L’ÉCOLE : L’URGENCE D’ACCOMPAGNER UNE TRANSFORMATION DÉJÀ À L’ŒUVRE

Un an après la première édition de notre baromètre, l’intelligence artificielle (IA) n’est plus seulement un sujet d’exploration pour l’école : elle s’installe durablement dans le quotidien scolaire, dans les pratiques des enseignants comme dans les usages des élèves. Cette deuxième édition du baromètre Ecolhuma sur les enseignants & l’IA rend compte de ce changement de phase et des nouveaux défis qu’il pose à l’Ecole : accompagner les pratiques, donner un cadre d’usage et permettre aux enseignants de garder la main sur cette transformation.

L’IA S’ANCRE DANS LA PRATIQUE QUOTIDIENNE DES ENSEIGNANTS

En un an, l’usage de l’IA par les enseignants a nettement progressé : plus de 8 enseignants sur 10 l’ont déjà expérimentée, soit +11,5 points depuis 2025, et près d’1 enseignant sur 3 déclare aujourd’hui l’utiliser activement. Les usages restent très concrets : préparer des séquences, gagner du temps administratif (compte rendu de réunions,…), créer des activités, adapter les contenus au niveau des élèves ou accompagner les élèves à besoins éducatifs particuliers. Mais cette appropriation repose encore principalement sur des outils généralistes comme ChatGPT ou Claude, tandis que les outils spécialisés dans la personnalisation des apprentissages restent très peu utilisés.

FACE À L’IA, TROIS PROFILS D’ENSEIGNANTS MAIS DES CONVERGENCES FORTES

Comme en 2025, notre baromètre confirme l’existence de trois profils d’enseignants face à l’IA :

  • 48% de pragmatiques et opportunistes ;
  • 39% de convaincus critiques ;
  • et 13% d’enseignants réticents et inquiets.

Mais au-delà de ces postures différentes, deux certitudes rassemblent : l’IA peut aider à la création de supports pédagogiques personnalisés, et elle devrait être mieux intégrée à la formation des enseignants.Mais au-delà de ces postures différentes, deux certitudes rassemblent : l’IA peut aider à la création de supports pédagogiques personnalisés, et elle devrait être mieux intégrée à la formation des enseignants.

FACE AUX USAGES NON MAÎTRISÉS DE L’IA PAR LEURS ÉLÈVES, LES ENSEIGNANTS RESTENT UNANIMEMENT DÉMUNIS

Les difficultés liées aux usages autonomes de l’IA par les élèves n’ont pas reculé depuis 2025 : plus de 2 enseignants sur 3 se disent aujourd’hui en difficulté face aux usages non déclarés de l’IA par leurs élèves. Usage caché, devoirs faits à la place de l’élève, recherche de rapidité sans compréhension réelle : les mêmes problèmes qu’en 2025 persistent, signe que les enseignants n’ont pas encore reçu les repères et les outils nécessaires pour les encadrer réellement. Ce constat traverse tous les profils d’enseignants, des plus réticents aux plus convaincus. L’enjeu est donc désormais d’outiller les enseignants pour apprendre aux élèves à faire de l’IA un usage explicite, critique et réellement formateur.

LES FREINS PÉDAGOGIQUES RECULENT, MAIS LES INQUIÉTUDES ÉTHIQUES ET ENVIRONNEMENTALES SE RENFORCENT

Les enseignants semblent moins freinés par le manque de cadre institutionnel ou de formation qu’en 2025. De même que la peur d’une dégradation de la relation pédagogique qui recule également. Mais en parallèle, les préoccupations éthiques se renforcent fortement : l’impact environnemental devient un frein majeur, cité par 6 enseignants sur 10 (contre 4 sur 10 en 2025). La protection des données progresse aussi nettement, citée par 4 enseignants sur 10 (contre 3 sur 10 en 2025). Le baromètre met également en lumière un paradoxe : les enseignants s’inquiètent de la protection des données, mais leurs pratiques restent d’abord guidées par la performance, les fonctionnalités et la facilité d’usage.
L’IA est donc mieux acceptée comme outil pédagogique, mais plus interrogée sur les plans sociétal, éthique et environnemental.

À l’heure où l’intelligence artificielle transforme déjà les métiers, les compétences attendues et les équilibres de compétitivité internationale, l’école ne peut pas rester à distance. Elle doit donner à tous les élèves les moyens de comprendre, d’utiliser et de questionner ces outils, pour ne pas subir cette transformation, mais y prendre pleinement part. À condition, désormais, de ne pas considérer que toutes les IA se valent pour l’éducation : l’école a besoin d’outils éthiques, sécurisés et pensés pour ses usages.

Pour Florence Rizzo, co-fondatrice et co-directrice d’Ecolhuma, :
« L’IA est déjà entrée dans l’École. La question n’est plus de savoir s’il faut l’y faire entrer, mais de donner aux enseignants les moyens de garder la main. »

Florence Rizzo

Co-fondatrice

Elle grandit en zone rurale dans l’est de la France et poursuit sa scolarité dans des écoles publiques. Ses parents n’ont pas le “bac” mais ils croient fermement en l’éducation. Son père, fils de mineur lui transmet une conscience sociale et sa mère infirmière, une culture du soin. Curieuse et avide d’apprendre, elle a la chance de partir en Hypokhâgne au lycée Lakanal de Sceaux puis d’intégrer quelques “grandes écoles” : ScPo, Essec, Insead. A chaque fois, le même sentiment d’assister à une forte reproduction des inégalités, ce qui renforce son engagement et son envie de contribuer à la réduction de ces inégalités. Ecolhuma naît en 2012 de cette envie profonde de mettre ses compétences au service d’une éducation de qualité accessible à tous et de la conviction que cela ne pourra se faire sans un accompagnement humain de celles et ceux qui font l’école au quotidien. Elle croise la route de nombreuses personnes qui font d’Ecolhuma une aventure collective.

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