BAROMÈTRE 2026 – SANTE MENTALE ET CPS A L’ECOLE

SANTÉ MENTALE : L’ÉCOLE AU BORD DE LA RUPTURE ÉMOTIONNELLE

L’école française traverse une crise émotionnelle profonde.

C’est ce que révèle la 3ᵉ édition du Baromètre Ecolhuma 2026 sur la santé mentale et les compétences psycho-sociales, menée auprès de plus de 1 000 enseignants du primaire et du secondaire. Stress chronique, épuisement émotionnel, sentiment d’impuissance : dans le second degré, l’école ne joue plus pleinement son rôle de protection, ni pour les élèves, ni pour ceux qui les accompagnent.

 

PRÈS D’UN ENSEIGNANT SUR DEUX AU BORD DU BURN OUT

Malgré une amélioration du niveau d’épuisement émotionnel des enseignants depuis 2024, celui-ci reste particulièrement élevé : 47% des enseignants atteignent un seuil clinique d’épuisement émotionnel, soit près d’un enseignant sur deux (contre 59% en 2024). 

Derrière cette apparente baisse statistique de l’épuisement émotionnel des enseignants pourrait se cacher une réalité plus préoccupante : une partie des enseignants pouvant adopter des stratégies de dépersonnalisation, donc de protection, marquées par une prise de distance et un désengagement face à une pression devenue trop forte.

 

ELÈVES ET ENSEIGNANTS DANS LA MÊME SPIRALE DE MAL-ÊTRE, ALIMENTÉE PAR L’ÉCOLE ELLE-MÊME

Pour une majorité d’enseignants interrogés, le stress vécu par les élèves ne provient pas uniquement de l’extérieur, mais trouve aussi sa source dans l’organisation même de l’école, dans le second degré, en particulier dû au climat de compétition et à l’évaluation. Aujourd’hui, 1 élève sur 4 présente au moins 3 signes de stress dans le second degré.

 

UN RECUL PRÉOCCUPANT DES PRATIQUES FAVORISANT LES COMPÉTENCES PSYCHOSOCIALES

Après une progression en 2024, les pratiques et postures favorisant le développement des compétences psychosociales sont en nette baisse, en particulier dans le second degré. L’hypothèse la plus évidente est celle d’un retour aux habitudes : sans soutien institutionnel fort ni moyens suffisants pour s’ancrer dans la durée, ces pratiques auraient laissé place aux anciens réflexes, dans un contexte d’épuisement émotionnel et d’injonctions croissantes.

Une autre hypothèse émerge également dans le discours des enseignants : pour faire face à la pression, certains enseignants pourraient adopter une forme de retrait émotionnel protecteur, au risque d’un désengagement progressif de la dimension relationnelle de leur métier.

 

ENRAYER LA SPIRALE DU MAL-ÊTRE À L’ÉCOLE

Avant toute chose, il faut rappeler une évidence : le bien-être des élèves ne peut durablement se construire sur le mal-être de leurs enseignants. Prendre soin de la santé mentale des élèves suppose donc de redonner aux enseignants les conditions d’exercer pleinement leur métier.
C’est à cette condition que nous formulons quatre mesures concrètes, à la hauteur de l’urgence :

  • Former tous les adultes de l’école aux premiers secours en santé mentale
  • Renforcer massivement la santé scolaire
  • Repenser les rythmes scolaires
  • Développer les compétences psychosociales tout au long de la scolarité

 

Les résultats de ce baromètre dressent un constat alarmant : l’école française traverse une crise émotionnelle profonde. Améliorer le bien-être à l’école n’est pas un supplément d’âme. C’est une condition essentielle de la réussite scolaire et de l’épanouissement des générations futures. 

 

« Depuis le Covid, la santé mentale n’est plus un sujet “annexe” à l’école : elle conditionne désormais la réussite des élèves… et la survie du métier d’enseignant. Le Baromètre Ecolhuma 2026 révèle une même spirale de mal-être chez les élèves comme chez les professeurs, dans une école qui peine à protéger ceux qu’elle devrait faire grandir. Face à l’urgence, il ne suffit plus de constater : faire de l’école un lieu de protection, d’écoute et de développement doit devenir une responsabilité collective

Florence Rizzo, co-fondatrice et co-directrice d’Ecolhuma

Florence Rizzo

Co-fondatrice

Elle grandit en zone rurale dans l’est de la France et poursuit sa scolarité dans des écoles publiques. Ses parents n’ont pas le “bac” mais ils croient fermement en l’éducation. Son père, fils de mineur lui transmet une conscience sociale et sa mère infirmière, une culture du soin. Curieuse et avide d’apprendre, elle a la chance de partir en Hypokhâgne au lycée Lakanal de Sceaux puis d’intégrer quelques “grandes écoles” : ScPo, Essec, Insead. A chaque fois, le même sentiment d’assister à une forte reproduction des inégalités, ce qui renforce son engagement et son envie de contribuer à la réduction de ces inégalités. Ecolhuma naît en 2012 de cette envie profonde de mettre ses compétences au service d’une éducation de qualité accessible à tous et de la conviction que cela ne pourra se faire sans un accompagnement humain de celles et ceux qui font l’école au quotidien. Elle croise la route de nombreuses personnes qui font d’Ecolhuma une aventure collective.

{nom}

{FONCTION}

{BIO}